dimanche 16 octobre 2016

Lettre d'une inconnue, A la Folie Théâtre (Paris 11è)

Comment, par de simples mots, rendre justice à la merveille à laquelle j'ai eu la chance d'assister hier soir ? Je vais choisir mes mots avec soin, parce que, vraiment, elle le mérite.
Le texte, d'abord. Il s'agit de l'adaptation de celui de Stefan Zweig, "lettre d'une inconnue", texte profond et intense, dans lequel une femme dévoile à un homme tout l'amour qu'elle lui porte, depuis l'enfance, alors que lui ne l'a jamais connue, ni même reconnue. Texte émouvant, qui remue et qui reste ancré en soi un certain temps après l'avoir lu.
Une artiste, ensuite. Laëtitia Lebacq, qui porte ce texte en elle depuis un certain nombre d'années et qui décide de le monter. Artiste d'une très grande sensibilité, qui sent et retranscrit les émotions avec une justesse époustouflante.
Laëtitia Lebacq joue pendant près d'1h30 sur les planches d'une petite scène parisienne parfaite pour ce texte. On voit en elle la femme déchirée par la douleur, qui écrit sa lettre. Puis un retour rafraîchissant sur l'enfant qu'elle fût, pétillante, joyeuse, et pleine de cette spontanéité propre aux premiers émois de l'adolescence. Puis le récit s'enchaîne sur la vie de femme, les différentes étapes. La douleur, toujours présente, toujours en elle,  sous-tend l'ensemble du récit, mais jamais, jamais l'artiste ne tombe dans le larmoiement, dans le pathos. Les larmes qui roulent sur ses joues, elles sont vraies. La détresse qui l'habite, elle nous prend aux tripes parce qu'on ne peut que ressentir pleinement combien elle vient des siennes. Tout est juste. Tout est vraiment juste. Pas un instant l'artiste ne tombe dans la lecture facile d'une tristesse constante. Non, elle vit son personnage, elle lui donne corps et coeur avec une intensité exceptionnelle ! Les émotions sont travaillées avec une grande finesse, une grande subtilité d'analyse. La colère, la rage laissent place à un profond désespoir, et parfois, nous pouvons retrouver l'éclair de joie de l'adolescente. Le rythme n'est jamais le même, tantôt dans la rapidité qui retranscrit un état d'âme spécifique, tantôt dans une lenteur qui permet d'imprégner pleinement ce qui est dit, jamais on ne s'arrête, jamais on ne se sent laissé pour compte : elle nous entraîne avec elle dans la spirale de la folie douce de cette femme en laquelle on peut se retrouver. Tour à tour, on sourit, on a des frissons, on pleure... et au moment où l'on s'y attend le moins, on se prend même à rire !
La mise en scène est également d'une grande qualité. Aucune scène ne ressemble à une autre, les jeux de lumière et d'accessoires sont bien pensés, les décors et les jeux d'ombres et de transparence, tout est varié, mais rien n'est gratuit : tout est en parfaite adéquation avec le texte et le jeu de la comédienne, et viennent accentuer tout ce qui est exprimé. 
J'ai été émerveillée par cette interprétation forte, magnifique, j'ai envie de dire : magistrale, tellement touchante de justesse et bouleversante d'authenticité !
Cette retranscription d'un texte aussi intense est aussi magnifique qu'envoûtante, et je crois vraiment, vraiment, que Stefan Zweig ne doit pas se retourner dans sa tombe : il doit afficher un grand sourire, satisfait de voir ce que Laëtitia Lebacq et son metteur en scène, Denis Lefrançois, en ont fait. Un immense bravo, et un grand, grand, grand merci pour cette petite bulle de beauté en ce monde qui en a tant besoin.
Courez-y vite, la pièce se joue jusqu'au 6 novembre prochain !
(ATTENTION, ne vous trompez pas : il y a une autre interprétation de ce même texte en ce moment sur Paris, elle est peut-être très bien aussi, je n'en sais rien, je n'y suis pas allée. Celle dont je parle est bien celle qui se joue à la Folie Théâtre, rue de la Folie Méricourt, dans le 11è arrondissement de Paris).

dimanche 2 octobre 2016

Renaud, Phénix Tour, 1er octobre 2016 à Evry

http://www.renaud-lesite.fr/
Nous entrons dans la salle de concert une petite heure avant le début du spectacle – soit dit en passant, niveau sécurité : zéro ! N’importe qui aurait pu rentrer, c’est tout juste si les billets d’entrée ont été vérifiés, alors le reste, n’en parlons même pas…
Une fois n’est pas coutume, nous ne serons pas devant, mais dans le premier tiers de la salle tout de même. Autour de nous, les profils sont très différents, comme cela me semble caractéristique des artistes qui occupent l’avant de la scène depuis des années – même si, dans le cas présent, la présence a été en pointillés. Des jeunes, des moins jeunes, des rockers, des faux-rockers (un gars tout en trompe-l’œil : faux blouson en cuir imprimé sur le T-shirt, faux tatouages sur ses manches de T-shirt couleur peau !), des personnes en chemise et veste de costard, d’autres en jeans et santiags. Un élément revient souvent toutefois, bien entendu : de nombreux bandanas rouges autour des cous. J’aperçois même un ou deux gars qui ont l’air d’avoir fait en sorte de ressembler à Renaud : la même coupe, le même look !
Mais, dans l’air, je ressens comme une sorte de joie enfantine, une onde d’amour. Les personnes qui sont là n’y sont pas seulement pour voir un artiste. Renaud, aujourd’hui, c’est quelqu’un qu’on vient soutenir. Quelqu’un à qui on vient dire « t’inquiète pas, on est là et on t’aime ». Et ça se sent dans l’air ambiant.
A mesure que les minutes passent, les gens s’impatientent, commencent à scander des « Re-naud, Re-naud, Re-naud », et puis, au bout d’un moment, la salle s’assombrit, on entend quelques « aaaah » de contentement, et puis la voix de Renaud. Voix grave, très grave, et torturée, la voix de quelqu’un qui a vécu, et pas que des événements joyeux. Renaud nous présente une petite vidéo. Sa « première partie » à lui, c’est une vidéo. Il annonce qu’à chaque fois qu’il la regarde, il pleure. Et nous voilà partis sur les traces de Mr Suzuki, cultivateur de tomates. Au début, c’est drôle. Et puis, on se demande où ils veulent en venir. Sous des airs un peu « bébêtes », mine de rien, la vidéo dit quelque chose qui me parle. Ca m’intrigue. C’est Renaud qui propose cette vidéo en introduction de son concert, on connaît un peu Renaud, c’est loin d’être quelqu’un de niais, loin d’être quelqu’un qui se fout du monde. Si c’était pour rire, Renaud aurait fait durer la blague moins longtemps. Je sens que cette vidéo va finir par nous emmener quelque part, alors je m’accroche à ce qu’elle nous raconte. Le public autour de moi s’impatiente : on n’est pas venus voir une vidéo niaise ! C’est rigolo deux minutes, mais là, c’est bon, on a compris, pas la peine d’aller au bout ! Les gens huent, ils appellent Renaud, certains crient « on s’en fouuuuuut ! »… Et pourtant, comme je le pressentais, cette vidéo nous livre un message qui me marque profondément. Elle parle d’êtres humains, sur cette Terre, qui sont moins considérés que des porcs. Je n’en dis pas plus, mais j’ai trouvé que Renaud nous faisait parfaite illustration de ce qu’est en train de devenir notre planète. On ouvre les yeux aux gens sur le fait que certains êtres humains n’ont le droit de manger que ce dont les porcs n’ont pas voulu… et nous, on crie « on s’en fout ». Triste constat. Mais bien dans la veine de Renaud. Le décor est planté, nous sommes bien à son concert, il n’y a aucun doute.
Alors, apparaît l’artiste, sous les acclamations de son public. Et, pendant que d’autres sautent et jubilent de le voir, moi j’ai un énorme coup au cœur. Livide. Un œil presque fermé, l’autre grand ouvert. Je me fais la réflexion que, si je le rencontrais dans la rue, il me ferait peur. Le regard fixe et la main qui tremble. Le corps courbé sous le poids de toute la souffrance qu’il a eu à endurer ces dernières années. Et la voix. Cassée et d’une amplitude assez faible. Mais pourtant, je la trouve moins poussive que la dernière fois que je l’ai vu en concert, quelque part entre 2002 et 2003. Je me souviens, à l’époque, avoir eu mal au cœur pour lui, qui n’arrivait pas à pousser sa voix, qui faisait quelques fausses notes à cause de ses cordes vocales qui ne suivaient pas. Cette fois-ci, la voix ne traîne pas, au contraire, je la trouve plutôt puissante bien qu’abîmée. Peut-être est-ce dû au fait qu’il a finalement décidé de ne pas trop monter dans les octaves ? Je l’ignore. En tout cas, il est là et il chante. Et il a peur. Et il croit que son public va le lâcher. Et le public le sent. Et le public l’aime. Et le public l’acclame. Et je suis touchée en plein cœur par cet amour public lancé à la figure de cet être si chétif et si fragile dans son corps d’ours. Je me dis que c’est beau, que c’est ce qu’il lui faut. Il a besoin de se sentir aimé. Il a besoin de se sentir en confiance. C’est palpable. Il n’a plus confiance en lui, et il a juste besoin de savoir que les gens l’aiment toujours. Je me surprends à me féliciter d’être là. J’ai l’impression, en plus de passer un bon moment, de faire une sorte de bonne action. Faire partie des personnes qui envoient de l’amour à un être en détresse, c’est exaltant.
Il chante quelques nouvelles chansons, puis repart sur des classiques.
Je le trouve beau, avec sa voix éraillée et son dos arrondi, ses gestes maladroits, sa façon de se déplacer comme s’il allait tomber à chaque pas, et ses yeux qui expriment combien il manque de confiance, combien il a peur de manquer d’amour, combien il a peur que son public ne soit pas au rendez-vous. Il parle de la chanson « Mistral gagnant », qui a été élue chanson préférée des Français, et semble ne pas en revenir. Et puis il commence à chanter « en cloque ». Et là, je ne sais pas pourquoi à ce moment précis, mais là, je suis en larmes. Il m’émeut au plus haut point. Je suis à la fois immensément triste de voir ce qu’est devenu ce rebelle qui se fout du regard des autres, combien il en est devenu dépendant, et infiniment heureuse de voir que le public est là pour lui. Je me mets à prier – oui, en plein concert, je me mets à prier pour lui, à demander à Dieu de faire quelque chose pour ce pauvre bougre qui me fait si mal au cœur. Le mélange de toutes ces émotions fait couler mes larmes. Je me dis que, même si l’on passe sa vie à chercher le bonheur intérieur, même si on cherche à se détacher du regard des autres, dans certains cas, le regard des autres peut redonner confiance à quelqu’un, et c’est ce qui est en train de se produire sous nos yeux. Et ça gratouille dans mes tripes, j’aurai, pour toute la soirée, le cœur sur un filin d’acier suspendu au-dessus du vide.
Il poursuit, enchaînant habilement anciennes et nouvelles chansons, s’excusant quand il s’agit des nouvelles… et le public – trop nul sur ce coup-là – rentre dans son jeu : à un moment, il nous présente, désolé, une chanson de son nouvel album, et le public… le hue ! Je n’ai pas compris pourquoi, surtout dans cette ambiance bon enfant ?!
Petit à petit, toutefois, il prend confiance, sa main tremble moins, son visage se détend, son regard balaye davantage la foule – il se paye même le luxe de faire un doigt à quelqu’un qui fait manifestement quelque chose qui ne lui plaît pas : une belle réminiscence de ce qu’il fut ! - mais il continue de remercier « infiniment » les personnes qui l’applaudissent et l’acclament. A un moment, une personne lui crie « non ! Merci à toi, Renaud ! », et il ouvre des yeux tout ronds : « à moi ? », étonné qu’on puisse le remercier pour ce qu’il nous offre ! Il continue de s’étonner quand les gens chantent en même temps que lui, et il tente même de s’arrêter de chanter et il semble ébahi de se rendre compte que le public connaît ses chansons par cœur. Il me fait penser à un tout jeune artiste qui ferait sa première « vraie » scène et qui n’en revient pas que des gens le suivent. Il s’étonne même, à un moment, que tous les gens présents ce soir n’aient pas 70 ans ! Il est ébahi de constater que certaines personnes dans la salle ont tout juste 20 ans – et il n’a peut-être même pas remarqué que même des enfants étaient là !
Et puis, la carapace se brise et à un moment, il laisse échapper un sourire… mais pas n’importe quel sourire. Le sourire sincère. Le sourire venu du fond du cœur. Le sourire de gros nounours qui fond en gratitude. Un bon sourire tout gentil, tout doux, à l’extrême opposé de ce que Renaud essaie de montrer. Et ce sourire est juste magique, juste émouvant.
Il a continué comme ça, balançant entre l’étonnement et la joie satisfaite.
Niveau chansons, il y en avait de toutes les époques. Il interprète notamment « Lola », et une petite jeune femme devant nous, le sourire rayonnant et les yeux pétillant de joie, se met à danser avec son père, moment de complicité extrêmement touchant !
Je dois bien avouer que je n’ai pas été un public inconditionnel, moi je reste une fana de ses vieilles chansons ; pour moi, Renaud, c’est le HLM, laisse béton, et autres 500 connards sur la ligne de départ (non, je ne connais pas le vrai titre, j’ai toujours été une buse en titres de chansons, mais bon, charriez pas : vous avez compris de quelle chanson je parle !!). Du coup, je dois avouer que je les attendais de pied ferme. Je n’imaginais pas un instant Renaud faire un concert sans chanter ce genre de chansons emblématiques de sa carrière. Je les ai attendues, certaines très longtemps, j’en ai eu certaines, d’autres pas du tout, et quelques-unes dans un petit medley final que j’ai bien apprécié. Malheureusement, avec sa voix qui ne monte plus trop, il y a certaines chansons que j’ai eu du mal à reconnaître. Mea culpa, je n’avais absolument pas écouté son dernier album, mais j’aime bien, aussi, découvrir des chansons en concert… pour le coup, j’ai été plutôt déçue, parce que, entre l’accoustique mal fichue et sa diction qui laisse vraiment à désirer, je n’ai pas compris la moitié des paroles – ce qui est vraiment dommage pour un artiste comme Renaud, dont les textes ne sont pas à négliger.
Voilà. Au final, j’ai passé une bonne soirée, mais éprouvante émotionnellement pour moi, tant il m’a remué les tripes. Je lui souhaite d’avoir un public enthousiaste tout au long de sa tournée, qu’il ressente tout l’amour que les gens ont pour lui, qu’il se sente porté par l’amour des gens, et qu’il engrange tout cet amour dans son cœur pour connaître – enfin – des moments heureux.

dimanche 31 janvier 2016

Vis ma vie d'hypersensible...

Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en décalage. Je n'aurais pas su dire d'où venait ce sentiment, mais je me sentais différente. Pendant des années et des années, j'ai serré les dents, fermé les yeux, baissé la tête et j'ai affronté la pluie et la tempête. Détrempée, lessivée, en lambeaux. Mais debout, parce que je faisais face. Je ne comprenais pas pourquoi tant d'autres avaient l'air de se balader dans la vie, là où pour moi, tout était si épuisant.

Je n'ai ouvert les yeux qu'il y a quelques mois. 

J'ai pris conscience que, ce qui m'épuisait, c'étaient mes émotions.
Et, tout à la fois, j'ai aussi compris que je les aimais, ces émotions.
Et puis j'ai observé les autres avec un oeil neuf. Et là, j'ai compris.

J'ai compris que nous ne vivions pas du tout dans le même monde d'émotions.

 Je m'en suis d'abord aperçu sur des "comptes-rendus de concerts". J'allais sur un forum sur lequel nous postions nos impressions de tel ou tel concert. Et, sans exception, la même question revenait après mes comptes-rendus : "et alors, quelles chansons ont été chantées ??"... Et, à chaque fois, j'étais incapable de répondre à cette question. Pourtant, comme je m'attendais à l'avoir, j'essayais, lors de mes concerts, de me concentrer sur les titres qui s'enchaînaient... mais j'échouais, à chaque fois : je finissais par décrocher de ce listing absurde. Tout simplement parce que, les titres, je m'en moquais éperdument ! La seule chose qui comptait, pour moi, c'était ce que je ressentais pendant un concert. C'étaient les émotions que cela suscitait chez moi. Un concert qui m'émouvait, qui m'enthousiasmait, ou qui m'agaçait : ça, oui, je pouvais le détailler par le menu. Mais les titres ? C'était de l'ordre d'une observation rationnelle et dégagée qui m'était complètement étrangère. Je ne savais pas "comprendre" un concert, je ne savais que le vivre.
 
Et puis, après cela, j'ai commencé à observer ces fameuses émotions qui avaient l'air de prendre tant de place en moi. Et je me suis rendu compte combien elles rythmaient ma vie, plus encore : combien elles la dirigeaient ! Je me suis rendu compte combien, quand j'étais triste, je l'étais profondément, sans demi-mesure, combien, quand j'étais en colère, je pouvais m'en faire mal au ventre à en pleurer tant elle me brûlait de l'intérieur, combien, en revanche, quand j'étais joyeuse, je me sentais légère et vivante comme jamais. J'ai tout de suite aimé ma joie et toutes les émotions secondaires liées à la joie. Et j'ai tout de suite décidé que j'étais heureuse d'avoir en moi cette hypersensibilité, car, même en sachant que je vivais durement les émotions négatives, je n'aurais, pour rien au monde, voulu vivre la joie de façon moins intense. Qu'est-ce que je l'aime, cette joie qui m'anime !!

Mais il a fallu que je travaille sur mes émotions négatives.

http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2015/06/01/olivier-magic-revol-ii-le-retour-du-roi-planete-douance-juin-2015/Je me suis rendu compte combien mes réactions pouvaient paraître absurdes aux yeux des "autres", de ceux qui vivent des émotions "normales" et non pas démesurées comme les miennes. Absurdes, oui, comme sur la citation de Flaubert, "je suis doué d'une sensibilité absurde". Moi aussi, j'ai trouvé ma sensibilité absurde. Moi aussi je me suis sentie bête. Moi aussi je me suis sentie bizarre. Anormale. J'ai cru un temps que je devais avoir, quelque part, un défaut de fabrication.

Parce que, comme poursuit Flaubert, "ce qui érafle les autres me déchire" : c'est exactement ça. Je prends en pleine figure des émotions violentes qui me laissent parfois KO. J'ai été blessée, souvent, par des réactions autour de moi, ou, justement, des manques de réactions : des ami(e)s qui ne répondaient pas à un message où j'avais mis tout mon cœur et je me remettais en question : "mince, qu'est-ce que j'ai pu écrire, est-ce que j'ai fait une erreur de formulation qui ait pu le / la blesser ?", et de relire mes messages envoyés pendant des heures. Des ami(e)s qui ne montraient pas d'enthousiasme face à une invitation, ou qui me disaient "oui oui, je vais marquer la date" et qui finalement, quelques jours avant, me disaient "ah bah non, je ne suis pas disponible", et tout de suite je sombrais dans des abîmes de stupeur : est-ce que je ne suis pas importante pour ces ami(e)s ? Cette impression quasi constante de me sentir moins importante pour les autres que les autres ne le sont pour moi, qui venait tout simplement d'un décalage émotionnel : là où moi je mettais tout mon amour et toute ma générosité envers les autres, les autres répondaient avec ce qu'ils avaient en eux qui était tout différent de ce que j'avais moi, et cela suffisait à me sonner. 

Et quand je regarde autour de moi, je vois des adultes responsables qui relativisent très vite. Je vois des personnes qui, parfois, ne semblent même pas touchées un tout petit peu par des choses qui m'ébranlent, moi. Des petites réflexions dites sans y penser et qui touchent une partie tout au fond de moi qui souffre en silence sans même que la personne qui a lâché sa petite réflexion ne se doute un seul instant du combat qui se livre en mon intérieur. Dans des situations où je serais à terre, où mon cœur pleurerait en silence, je vois des personnes tout juste vaciller. Cela se ressent même sur des détails comme : des bruits secs, qui m'agressent littéralement, de l'agitation permanente ou des petits mouvements nerveux, ou un brouhaha constant, qui me font souffrir physiquement. Alors, oui, pendant un temps, je n'ai pas aimé mes émotions négatives. Je me suis rendu compte à quel point elles m'épuisaient, combien elles m'essoraient, combien elles me laissaient hébétée et vide.

J'ai appris, petit à petit, à aimer mes émotions négatives, ou, du moins, à les accepter, tout simplement parce qu'elles font partie de moi et que ce ne serait que les renforcer que de chercher à les combattre. Et puis, j'ai ouvert les yeux sur le fonctionnement tellement différent des autres. J'ai appris que les autres ne mettent pas de l'importance là où moi j'en mets, ou, du moins, pas autant que moi, ou, tout au moins, pas de la même façon que moi. J'ai compris que quelqu'un qui ne réagit pas comme moi n'est pas forcément quelqu'un qui ne m'aime pas. J'ai appris à accueillir avec indulgence ma tristesse, à la vivre quand cela me semble nécessaire, et à la laisser partir. J'apprends peu à peu à envelopper ma colère de douceur pour l'apaiser et travailler avec elle plutôt que contre elle - car, assurément, elle est plus forte que moi, alors je préfère l'avoir dans mon camp plutôt qu'en tant qu'adversaire. J'ai appris que j'étais responsable de ce que j'envoyais, mais pas de ce que les autres recevaient, et encore moins de ce qu'ils envoyaient. 
Alors j'ai décidé de continuer d'envoyer amour et générosité, parce que je crois que je suis tout simplement pétrie de tout cela. Je donne, je m'investis à 200% dans ce qui me semble juste, dans ce qui me parle, tout simplement parce que je ne sais pas faire autrement. Je donne beaucoup d'amour parce que je suis comme ça, c'est tout. Mais j'ai décidé d'arrêter de me morfondre parce qu'untel a dit ou fait ou n'a pas fait telle ou telle chose. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir encore, parfois - souvent ! - des réactions vives en moi-même, oui, je dois bien avouer qu'il m'arrive encore d'avoir une once d'inquiétude quand je me rends compte que d'autres ne réagissent pas comme j'aurais cru qu'ils le feraient, mais aujourd'hui, je sais que cela ne vient pas de l'autre, mais de moi-même, et je travaille à dompter mes émotions négatives, petit à petit. Aujourd'hui, je ne me focalise plus sur les raisons qui font que les autres réagissent comme ils le font, je travaille surtout à être indulgente avec moi-même pour apprendre à vivre avec ces émotions extrêmement intenses qui font partie de moi. Et j'essaie autant que je peux de ne pas faire rejaillir sur les autres mes propres émotions négatives, juste les positives.

Je crois que d'autres hypersensibles se reconnaîtront peut-être dans ce que je décris. Et j'espère que ce petit texte en aidera d'autres, des personnes dotées d'une sensibilité normale, à comprendre un peu mieux les personnes hypersensibles.

dimanche 15 novembre 2015

Paris, 13 novembre 2015

Le monde sous le choc. Paris touchée. Paris, la capitale de la France. Paris, infiltrée et blessée. Paris, cible touchée en plein cœur. A l’heure où j’écris, 129 morts, 352 blessés. La France est en deuil. Le monde est en émoi. Chacun y va de sa contribution, discours, hommages, soutiens de toutes sortes. Paris paye très cher, dit-on, mais reste debout. "Fluctuat nec mergitur", que l’on croyait à jamais liée aux Copains d’Abord de Brassens, émerge, on apprend que c’est la devise de Paris, fort à propos en ce moment : « il est battu par les flots, mais ne sombre pas ». Les hommages fleurissent, les photos de profil des réseaux sociaux se colorent en bleu-blanc-rouge, les « on n’a pas peur » se multiplient.
Et puis, au milieu de tout cela, une voix. Puis une autre. Et une autre encore.
Ces voix disent : « et nous ? »


http://partenaire-motivation.com/top-15-des-citations-de-martin-luther-king/Qui ça, « nous » ? "Nous", c'est eux : les Kenyans tombés en avril sous les tirs d’un commando d’islamistes. Eux : les Syriens aux prises avec la guerre civile depuis 2011, les civils syriens décimés par les frappes aériennes de ceux qui entendent les aider – entre autres, la France. Eux : les Libanais endeuillés jeudi dernier par l’explosion d’une bombe, « le pire attentat qu’ait connu Beyrouth depuis 1990 ». Eux : les neuf victimes d’un attentat au Burundi le week-end dernier dans un bar de la capitale. Eux : les morts camerounais frappés par un attentat-suicide orchestré par Boko-Haram. Eux : les Nigérians tués en octobre par les bombes de l’Etat Islamique. Eux : tous les « autres » morts de la planète, ceux dont on entend parler aux informations, pour lesquels on prend le temps de compatir, mais qu’on oublie vite une fois le reportage terminé.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_contre_le_terrorisme#/media/File:Islamic_terrorism.png
 Pays cibles d’attentats terroristes islamistes depuis le 11 septembre 2001
  
Pourquoi le monde s’émeut tant pour les victimes de Paris, et pourquoi le monde passe à autre chose quand il s’agit d’autres pays ? La question a été posée : est-ce parce que, là-bas, ils ont « l’habitude », alors que nous, Français, n’y sommes pas accoutumés ? Entendons-nous bien. Je ne remets pas en question l'émoi provoqué par les événements de vendredi soir. Il est normal de s'émouvoir. La question serait plutôt : est-il normal de moins s'émouvoir pour d'autres attentats tout aussi meurtriers, ailleurs dans le monde ?


Mea culpa, moi la première, j’ai été choquée d’apprendre les attentats de Paris, et pendant quelques heures, je n’ai pensé qu’à ces attentats-là, sans penser un instant à ce que vivent les personnes touchées loin d’ici. Peut-être parce que Paris est très près d’ici. Peut-être parce que j’ai lu que le frère d’un des kamikazes habite à 10 minutes de chez moi, dans la ville de mes parents, là où mes enfants vont à l’école chaque jour ? Peut-être parce que je connaissais des personnes qui auraient pu se trouver au concert du Bataclan et que je me suis inquiétée pour eux ? Peut-être parce que d’un seul coup, la violence, au lieu d’être à l’autre bout du monde, est toute proche, qu’elle approche un peu trop ma petite vie tranquille, qu’elle est susceptible d’atteindre mes proches, des personnes que je connais directement ? Sûrement parce que, d’un seul coup, la violence devient très réelle. Très concrète. Ce n’est plus une espèce de menace sourde et lointaine. Elle est là, à nos portes, elle est présente. Et, on a beau arborer fièrement « on n’a pas peur », personnellement, je ne pourrais pas en dire autant. Oui, moi, ça me fait peur. Ca me fait froid dans le dos. La guerre à l’autre bout du monde me faisait peur. Mais la violence catapultée directement ici m'effraye encore davantage. J'ai peur pour mes enfants, pour ma famille, pour mes amis, pour mes proches. 

Et d’un seul coup, je prends conscience que, tout en étant émue et attristée par la violence tout là-bas, tout en pleurant de chez moi pour les personnes mortes sous les tirs et les bombes et en m'attristant pour leurs proches qui les pleurent, je n’avais probablement pas pris la pleine mesure de ce qu’ils vivaient. Toujours pas, d’ailleurs. Mais ça devient plus palpable, nettement plus clair soudain.
http://www.w12.fr/citation-gandhi-bonheur.html 
 Et quand je vois la solidarité qui se met en place, je trouve ça très beau, mais je suis triste de voir que la même solidarité ne se met pas en place pour tous les autres peuples touchés. 

Et d’un seul coup, je prends conscience d’une chose.

Le terrorisme pourrit notre monde, certes. 
Mais l’égoïsme le gangrène également.

Cessons d’être égoïstes. Pensons aux autres. Serrons-nous les coudes. Agissons, ensemble.

 

http://www.w12.fr/citation-gandhi-bonheur.htmlChaque jour, je travaille à la paix autour de moi. Entre mes enfants. Entre mes élèves. La gestion pacifique des petits conflits du quotidien. L’éducation non-violente. La communication non-violente. J’essaie aussi d’inculquer le respect de la vie à mes enfants comme à mes élèves. Je ne suis pas une maman parfaite, loin de là, ce n'est pas mon propos ; d'ailleurs, il m’arrive bien évidemment de sortir de mes gonds, et bien plus souvent que ce que je voudrais, mais je travaille à éviter cela. Parce que pour moi, la prévention de la violence passe par l'apprentissage de la paix dès le plus jeune âge. Et des fois, quand j’entends autour de moi des parents qui disent des horreurs à leurs enfants, quand je vois des maîtresses casser l’estime de soi de leurs élèves, quand j’entends des animateurs se moquer des enfants dont ils s’occupent, ou des parents qui encouragent leurs enfants à être violents et à répondre à la violence par la violence, quand j'entends des personnes me dire que je vis au pays des Bisounours et que j'ai tort de croire que l'être humain peut être bon… des fois, oui, je désespère. Des fois, oui, je me sens bien seule dans mon combat pour la paix au quotidien. Des fois, je me dis qu’on n’est pas bien nombreux à travailler dans ce sens, à avoir conscience que frapper ou insulter son enfant n’est pas la meilleure façon d’en faire un adulte sécurisé et confiant. Des fois, je me sens bien seule et je me demande à quoi ça sert. Des fois, oui, des fois, je baisse les bras et j’ai l’impression qu’on n’y arrivera pas. 

Et puis, je vois des personnes qui font comme moi, j’entends des paroles que j’aurais pu dire, je vois des personnes qui se renseignent et essaient tout ce qu’elles peuvent - parce que essayer, même sans y arriver, c'est déjà un pas immense ! - , et là, je me dis que les choses avancent, et d’un seul coup, je me sens moins seule. J’ai vu une amie passer d’un stade où elle refusait d’entendre que notre comportement pouvait induire bien des choses dans le comportement et l’estime de soi de nos enfants. Aujourd’hui, c’est une militante peut-être encore plus fervente que moi pour le respect des enfants. Je suis contente quand je vois ça, et je suis fière de voir que le monde évolue. Et ces moments-là, je reprends courage. Oui, mon action à moi est toute petite et ne touche certes pas le monde entier. Mais je plante une graine, et je l'arrose chaque jour. Certaines vont germer et pouvoir essaimer. Et, petit à petit, tout petit pas par tout petit pas, je me dis que la paix viendra.


Et puis, je regarde ces terroristes, et je me rends compte d’une chose. Eux non plus ne sont pas nombreux. Mais ils croient fermement qu’ils peuvent y arriver. Ils y croient dur comme fer et c’est ça qui les aide à réussir leurs entreprises sanglantes. La différence se situe dans la certitude qu’ils vont réussir.


www.lesbeauxproverbes.comEt je crois que c’est ce qu’il nous manque, en général. La foi en la possibilité d’un monde en paix. Si nous nous mettons à y croire, nous aussi, nous pouvons changer le monde. Ne me dites pas que c’est une utopie, ne me dites pas que nous n’y arriverons jamais. C’est précisément parce que nous n’y croyons pas que nous n’y parvenons pas.


  


http://www.w12.fr/2/citation-gandhi-bonheur.htmlAlors croyons en la paix. Croyons en l’être humain. Croyons que, petit à petit, en étant solidaires les uns des autres, pas seulement dans le monde occidental, mais aussi avec l’ensemble des humains qui peuplent cette planète, nous pouvons faire avancer la paix.
Inspirons-nous des grands artisans de la paix : pensons à Ghandi, pensons à Martin Luther-King. Ils n’ont pas prôné la violence. Juste la paix. Et ils ont mené leur combat jusqu’au bout, sans autre arme que la paix.
Soyons solidaires, soyons ensemble, et, à la violence, opposons la paix. Ne pensons pas que nous n'en avons pas les moyens. Chacun, à notre tout petit niveau, nous pouvons faire un pas pour faire avancer la paix. Et si chacun s'y met, on se rendra compte que nous sommes nombreux, bien plus nombreux que ce que l'on pense, bien plus nombreux que les personnes qui usent de violence.
 


http://qqcitations.com/citation/195697



“La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit.”  Martin Luther King

“La race humaine doit sortir des conflits en rejetant la vengeance, l’agression et l’esprit de revanche. Le moyen d’en sortir est l’amour.” Martin Luther King



Prier pour Paris, oui, bien sûr, c'est une évidence. Mais, dans vos prières, n'oubliez pas les autres. Priez aussi pour eux tous. Priez pour le monde. Priez pour la paix dans le monde.


lundi 26 octobre 2015

Fred Pellerin - De peigne et de misère - Savigny le Temple, 25 octobre 2015

Une affiche aperçue dans le métro il y a quelques années... Dessus, la photo d'un jeune homme qui paraissait avoir 12 ans 1/2, petit blond aux yeux bleus, des petites lunettes rondes et un fin sourire... Je m'étais vaguement demandé qui était ce gars et ce qu'il faisait pour avoir une aussi grande affiche dans le métro, et puis ma rame était arrivée et mes pensées étaient restées sur le quai avec l'affiche.

http://www.fredpellerin.com/



Quelques années plus tard, des amies me parlent de Fred Pellerin. Le nom me dit quelque chose, et, en allant chercher loin dans mes souvenirs, je revois confusément sa tête sur l'affiche du métro. J'écoute, et j'entends des amies enthousiastes me parler de ce conteur. Ah, me dis-je : voilà, maintenant, au moins, je sais ce qu'il fait ! Il est conteur. Mais ces amies, je leur fais confiance. Si elles aiment, c'est qu'il doit être pas mal du tout, ce ptit jeune !

Alors, quand, il y a quelques semaines, un autre ami me passe une affichette annonçant Fred Pellerin dans une petite salle de spectacle pas très loin de chez moi, je ne fais ni une, ni deux, je saute sur l'occasion et je file acheter des places pour son spectacle "De peigne et de misère". 

Ce spectacle, c'était samedi soir. La petite ville ne paye pas de mine. La salle encore moins. Ca sent mauvais, les fauteuils doivent être vieux et doivent avoir emmagasiné les odeurs âcres de décennies de spectateurs se succédant soir après soir. On attend, j'avoue que je ne sais pas trop quoi penser de ma présence ici, je viens juste pour me faire une petite idée du personnage, mais je ne suis pas plus enthousiaste que ça. Je m'attends à passer un joli moment, et voilà tout. Et puis les lumières finissent par s'éteindre. La voix off nous dit, après nous avoir recommandé de rallumer nos sonneries de portable à la fin du spectacle, que si jamais un incendie se déclarait, il ne faudrait pas paniquer : il faudrait se ranger devant les portes de sortie, et ils nous appelleraient par ordre alphabétique - cela annonce le ton ! La dame juste à côté de moi me regarde d'un air affolé : "naaaan ? C'est une plaisanterie ??"... Hmmm... comment dire ?!

Arrive alors sur scène le fameux jeune homme de l'affiche. Cheveux un peu longs, blonds, en bataille. Petites lunettes rondes. Une boucle à l'oreille gauche. Visage souriant, engageant. Et il commence à parler. Ah, j'ai oublié de vous dire : il est québécois. Alors bien sûr, déjà, rien que son accent le rend d'emblée sympathique. Ses expressions aussi. Très vite, on oublie l'odeur des fauteuils. On n'est plus dans la salle. On est assis sur une montagne avec une grand-mère et un petit garçon dépeigné, et on regarde du monde passer et le soleil se lever.

Il raconte des histoires que lui racontait sa "grand-mèrosaure", qui existait déjà il y a très longtemps, bien avant les histoires. Il parle de son village natal, Saint Elie de Caxton, où les personnages caractéristiques sont bien campés, le coiffeur, le curé, le forgeron et tous les autres. Et il en parle drôlement. La plupart du temps, il garde son sérieux - tout en ne réussissant jamais complètement à empêcher ses yeux de pétiller - mais parfois, il rit, lui aussi, de bon coeur, tout content de ce qu'il vient de dire ! Il partage sa bonne humeur, il fait du bien !

On commence à sourire. Et puis on l'écoute continuer, et petit à petit, on rit. Il lâche une ou deux expressions qui n'appartiennent qu'à lui, il déforme les mots, toujours de façon subtile et amusante, manie la langue française avec brio, il raconte des choses extravagantes qui font dire à ma crédule voisine, avec presque un air de reproche dans la voix : "ooooh, mais qu'est-ce qu'il raconte ?!" ! De fil en aiguille, on se prend à suivre ses histoires, et au bout d'un moment, on se tort franchement de rire. J'en ai pleuré, pleuré tant je riais !

Mais l'habileté de Fred Pellerin va plus loin encore. Car, juste après nous avoir fait pleurer de rire, sans prévenir, il bascule d'un seul coup dans un moment tellement émouvant que les larmes qui coulent encore sur nos joues changent de goût : soudain, c'est d'émotion que l'on pleure.

http://www.fredpellerin.com/Et entre deux, il vous colle une petite chanson bien à lui, jolies paroles, jolie mélodie, qui vous entraîne un peu ailleurs le temps de reprendre son souffle avant la prochaine salve de larmes de rire. 

Et puis d'un seul coup, il salue, et là, incrédule, vous riez : ce n'est pas possible, ce n'est pas déjà fini ? Il vient à peine d'arriver ! Et pourtant, il faudra bien arrêter de rire, car non, ce n'est pas une blague : oui, le spectacle est fini. On n'a pas vu le temps passer, et pourtant, voilà déjà 1h30 qu'il est sur scène. Il vous salue de son petit sourire discret et de ses yeux rieurs. Il nous a fait passer un bon moment, mais lui aussi, on le sent, lui aussi a pris beaucoup de plaisir sur scène.

Un grand, grand spectacle. Je regrette de ne pas avoir connu ce garçon plus tôt, il est extraordinaire. Voilà bien longtemps que je n'avais pas vu un spectacle aussi drôle, fin, émouvant, beau, touchant, intelligent et subtil ! Je retournerai le voir, c'est sûr et certain !! Et je vous encourage à y aller quand il passera par chez vous. Il est épatant. Le laisser passer sans aller le voir, c'est se priver d'une excellente soirée ! 


http://www.fredpellerin.com/